Open d’Australie 2026 : Alcaraz, première historique

Photo : ©Corinne Dubreuil / FFT
Carlos Alcaraz / Photocall trophée Open d'Australie 2026
- Romain Vinot

Tombeur de Novak Djokovic en finale du premier Grand Chelem de l’année, le Murcien a établi de nouveaux records de précocité à Melbourne.

Au terme d’un Open d’Australie qui a fait la part belle aux éclosions et aux surprises lors de la première semaine puis aux matchs dantesques dans le dernier carré, Carlos Alcaraz a remporté le 7e Majeur de sa carrière, devenant au passage le plus jeune joueur de l’histoire à atteindre cette barre symbolique mais surtout le plus précoce à réaliser le Grand Chelem en carrière.

"Un honneur de voir mon nom écrit dans les livres d’histoire"

A deux reprises, en deux jours, Carlos Alcaraz s’est écroulé sur le sol de la Rod Laver Arena, submergé par une joie et des émotions caractéristiques des victoires qui comptent dans une carrière. Vainqueur d’Alexander Zverev au forceps et au finish à l’issue de la plus longue demi-finale de l’histoire de l’Open d’Australie (6/4, 7/6(4), 6/7(3), 6/7(4), 7/5 en 5h27), le n°1 mondial est d’abord devenu le plus jeune joueur – toutes époques confondues – à rallier la dernière marche des quatre tournois du Grand Chelem (à 22 ans et 272 jours). Un stade de la compétition où l’a rejoint Novak Djokovic, auteur lui aussi d’une prestation exceptionnelle pour se défaire du double champion en titre et vainqueur du Rolex Paris Masters 2025, Jannik Sinner (3/6, 6/3, 4/6, 6/4, 6/4 en 4h09).

Sacré à 10 reprises en 10 finales à Melbourne Park, le septuple vainqueur du Rolex Paris Masters avait l’occasion de se retrouver définitivement seul au monde en glanant un 25e titre du Grand Chelem, après lequel il court depuis son dernier trophée dans cette catégorie, soulevé lors de l’US Open 2023. Mais malgré une masterclass de précision, de puissance et d’intelligence de jeu dans la première manche ainsi qu’un niveau pleinement retrouvé dans la quatrième, "Nole" a logiquement fini par rendre les armes ce dimanche. Plus véloce, plus chirurgical mais aussi plus imprévisible, "Carlitos" est monté en puissance tout au long de la rencontre, gérant parfaitement la pression de ce grand rendez-vous, sans pour autant faire d’infidélité à sa légendaire spectacularité.

Après 3h02 d’une partie globalement maîtrisée (2/6, 6/2, 6/3, 7/5), l’élève devenu maître a fait basculer la grande histoire de la discipline de son côté, rejoignant Don Budge, Rod Laver, Rafael Nadal, Fred Perry, Roy Emerson, Roger Federer, Novak Djokovic et Andre Agassi au panthéon des joueurs sacrés au moins une fois lors de chaque levée majeure. "C’est un sentiment incroyable, réaliser le Grand Chelem en carrière était quelque chose que j’avais en tête, a-t-il détaillé en conférence de presse à l’issue de sa victoire. Je suis vraiment heureux d’avoir tout fait pour m’améliorer et réussir cette année […] Ce que j'ai appris, c'est le fait d'apprécier et de profiter du moment présent. Il ne s'agit pas seulement de soulever des trophées, mais aussi de participer à des tournois, de jouer au tennis, de remporter des victoires, d'essuyer des défaites. Quoi qu'il arrive, il faut simplement profiter et apprécier la vie que l'on mène. Je vais prendre le temps de réaliser ce que je viens d’accomplir. Je sais que je suis en train d’écrire l’histoire grâce à des trophées, des tournois et des succès remportés. Pour moi, c’est un honneur de voir mon nom écrit dans les livres d’histoire."

Vite, la suite !

Dithyrambiques l’un envers l’autre durant la cérémonie de remise des trophées puis face aux médias, le Murcien et le Serbe devraient avoir de nouvelles occasions d’écrire leur propre histoire et celle du tennis dans les mois à venir. Une évidence pour le premier mais également une vraie possibilité pour le second, dont le niveau de jeu a épaté les plus sceptiques et dont l’aventure Down Under a peut-être marqué un tournant.

Novak Djokovic n’avait en effet plus été aussi proche de boucler la dernière grande quête de sa carrière depuis la finale de Wimbledon 2024, perdue face à… Carlos Alcaraz. "J’ai toujours eu confiance en moi et la conviction que je pouvais remporter un autre tournoi du Grand Chelem, mais je n’y attendais pas pour autant, ce sont deux sentiments différents, a expliqué le joueur de 38 ans. J’ai revu mes attentes à la baisse ces deux dernières années ce qui m’a permis de me libérer d’un stress supplémentaire inutile […] J’ai réussi à battre Jannik, le double champion en titre, alors qu’il m’avait battu lors de nos cinq précédentes confrontations. J’en suis très fier, c’était un match incroyable et un véritable exploit. Mais dix minutes après ma finale, je suis forcément un peu amer d’avoir perdu. Encore une fois, je me suis incliné contre le n°1 mondial, qui est déjà un joueur légendaire."

De son côté, le protégé de Samuel Lopez accumule déjà les records et les titres prestigieux mais n’a évidemment pas encore tout gagné au cours de sa jeune carrière. "Je déteste perdre, c’est ma motivation (rires), j’essaie de perdre le moins possible ! Il y a certains tournois que je veux gagner au moins une fois, comme des Masters 1000, je veux compléter ma collection. Et évidemment, il y a les Finales ATP et la Coupe Davis. Je veux vraiment y arriver, pour mon pays. Je me suis fixé d’autres objectifs pour la saison et je vais essayer d’être prêt pour les atteindre" a-t-il conclu.

Parviendra-t-il à étoffer davantage la liste de ses grandes premières en 2026, en inscrivant son nom au palmarès du Rolex Paris Masters ? Réponse attendue à Paris La Défense Arena du 31 octobre au 8 novembre !